Des menaces à l’encontre de l’un de nos collaborateurs

Cependant, les menaces et les tentatives d’intimidation reçues par l’un des collaborateurs d‘On Jase! laissent penser qu’il s’agit en réalité d’une simple image que le groupe d’extrême droite cherche à se donner, et que la réalité est plus complexe.

Notre collaborateur a en effet reçu des menaces de la part de Sébastien Chabot, un cadre important de La Meute[1]. Ce dernier avait cru le reconnaître derrière le compte Twitter @LetroupeauQC, et il lui avait d’abord fait des menaces à peine voilées en message privé, évoquant en particulier ses enfants :

Par la suite, il était allé fouiller son compte Facebook, afin d’essayer d’en extraire des données compromettantes et de faire pression sur lui en les rendant publiques. Notre collaborateur avait alors dû rendre privé l’ensemble de son compte, malgré le caractère farfelu des menaces[2]

Dans ses tentatives de faire cesser le harcèlement à son encontre, je me suis alors adressé à Sylvain Maikan, le chef de La Meute, pensant qu’il s’agissait là d’un cas isolé et d’un comportement qui ne serait pas endossé par l’organisation.

La réponse de Sylvain Maikan n’a toutefois pas tardé, et elle s’est révélée bien différente de ce qui était espéré. Loin de faire cesser le comportement de son Garde, le chef de La Meute a validé son comportement, et il a lui-même proféré des menaces à peine dissimulées :

Appel à témoins

À la suite de cet épisode, je me suis demandé si cette attitude était un cas isolé, ou si d’autres cas similaires étaient connus. J’ai lancé un premier appel à témoins sur les réseaux sociaux, et j’ai commencé à recevoir quelques témoignages en privé.

Je n’ai pas entre les mains suffisamment d’éléments pour montrer que les menaces et l’intimidation sont une méthode systématisée au sein de La Meute. Je n’ai pas non plus reçu de témoignages évoquant un passage à l’acte, des menaces qui auraient été mises à exécution.

Cependant, je ne veux pas minimiser la gravité des agissements qui m’ont été rapportés : malgré la faible envergure du premier appel à témoins, j’ai reçu plusieurs témoignages convaincants, impliquant des cadres de l’organisation. Certaines des victimes ont été obligées de déménager hors de la province pour retrouver une vie plus sereine, et, dans au moins un cas, des démarches judiciaires ont été entreprises.

Je publie ici les deux témoignages les plus probants. Un troisième, particulièrement éloquent, ne peut être publié pour l’instant, la victime craignant d’être reconnue et menacée à nouveau.

Je lance par la même occasion un nouvel appel à témoins, dont j’espère qu’il atteindra une plus large audience : si vous avez été intimidé, menacé ou harcelé par un membre de La Meute, ou d’un autre groupe d’extrême-droite, veuillez communiquer avec nous pour témoigner, afin de faire toute la lumière sur les pratiques de cette organisation. Votre anonymat sera évidemment assuré.

Des menaces envers les familles

Robert Proulx était il y a peu l’un des membres les plus en vue de La Meute[3] : il avait vu la devanture de son magasin vandalisée, et une campagne de solidarité à son endroit avait cours au sein des groupes d’extrême droite.

C’est dans ce contexte que ma source, personnage public connu dans les milieux qui s’intéressent à l’extrême droite, mais en aucun cas impliqué dans la dégradation de la vitrine de M. Proulx, a reçu des menaces, dont voici un exemple :

La photo, masquée pour préserver l’anonymat des personnes, représente ma source et sa compagne. Pas besoin d’être grand clerc pour comprendre le message sous-entendu ici.

Des cadres de La Meute impliqués

Une autre source avait pris l’habitude d’aller commenter et contre-argumenter sur les pages publiques de La Meute et de Storm Alliance, et, visiblement, cela déplaisait.

C’est d’abord Maryse Laferrière, une militante bien connue de Storm Alliance, qui lui adresse l’image d’une arme à feu pointée vers lui. Je laisse au lecteur le soin d’interpréter la signification de ce type de message :

Peu de temps après, c’est WolfRic Ouellet, un autre cadre important[4] de La Meute, qui dirige et appuie des menaces envers ma source :

On voit sur ces captures d’écran qu’il a reçu en privé, par WolfRic Ouellet, des photos de sa compagne[5], ainsi que de l’information sur sa sœur, manifestement pour le faire chanter et le faire taire.

Par la suite, ce sont des photos privées de lui qui ont remonté à la surface par l’entremise d’un autre militant, toujours pour faire pression sur lui.

Ces témoignages montrent que ces pratiques ne sont pas des cas isolés, et qu’elles ne sont pas non plus uniquement le fait de militants trop zélés et incontrôlables.

Il faut notamment souligner à cet égard l’implication de Sébastien Chabot et WolfRic Ouellet, deux gardes et cadres importants de La Meute, ainsi que de Sylvain Maikan lui-même, le porte-parole et chef du groupe raciste. Pour un groupe de « citoyens respectueux de l’ordre et de la loi », c’est un peu gênant.

Il est temps que les déclarations publiques de La Meute soient vérifiées, comparées aux faits et ne soient plus prises pour argent comptant. La Meute, qui se présente comme un regroupement de 60 000 « bons » citoyens est en réalité un groupuscule raciste de quelques centaines de personnes, qui n’hésite pas à recourir aux menaces et à l’intimidation pour pour faire taire ses opposants.

Ces pratiques, partagées ici par Storm Alliance et La Meute, viennent s’ajouter aux campagnes de menaces menées par Atalante et les Soldiers of Odin, et elles démontrent bien que l’extrême droite, ici même au Québec, représente une menace concrète qu’il nous faut prendre au sérieux.

Notes

[1] membre de La Garde et des renseignements

[2] en effet, Sébastien Chabot a visiblement pris très au sérieux les pages de mèmes suivies par lui, et il semble persuadé qu’il est un Illuminati, adepte de la théorie de la terre plate et autres niaiseries du même acabit

[3] avant son expulsion, lors du putsch de Maikan contre Patrick Beaudry

[4] Garde, chefs des Portiers et chef du clan 12

[5] masquée par sécurité