Grande manifestation contre la haine et le racisme, le 12 novembre 2017, à Montréal

Le weekend dernier à Montréal, cette manifestation au caractère ouvert et familial a été une belle occasion de montrer que les Québécois.e.s dans leur ensemble sont ces gens accueillants et ouverts d'esprit qui forment ma société telle que je la connais. Une belle occasion aussi de mettre en sourdine les discours électoralistes qui tirent chacun de leur côté en titillant des peurs irrationnelles, et en montant en épingle des anecdotes.

La manifestation a attiré quelques milliers de personnes de toutes les allégeances, dont Christian Nadeau, le président de la Ligue des droits et libertés, des représentantes et représentants d'Idle No More, des associations de défense des droits des femmes autochtones, des Palestiniens comme des citoyennes et citoyens des communautés musulmanes ainsi que de nombreux autres groupes et personnes qui s'élèvent contre le profilage racial et la discrimination. Tous avaient le même objectif clair: dénoncer la haine et le racisme.

En observant ce rassemblement pacifique, et en raison de la désinformation que j'avais vu certains propager avant sa tenue, je me suis dit qu'autant ça m'agace quand je lis ou j'entends dire que tous les péquistes sont racistes, que tous les caquistes veulent manger du musulman, que tous les membres de QS sont de méchants communistes, autant ça me tanne de voir tous les antifas québécois jetés dans le même panier de crabes violents, être qualifiés systématiquement de militants qui ne chercheraient qu'à faire du grabuge.

Je pense parfois que le bon sens et la mesure ont déserté le discours public.

Antifa, c'est simplement l'abréviation d'antifasciste. Je dois être une antifa qui s'ignore, car le fascisme, j'aime pas. Est-ce qu'antiraciste est aussi en train de devenir un terme péjoratif? Pourtant, le racisme non plus, j'aime pas.

Cette équivalence antifascisme = violence, je la vois de plus en plus souvent être affirmée comme une évidence. Comme si être contre le racisme et le fascisme signifiait automatiquement que tu es une personne violente, alors que c'est fondamentalement le contraire qui est visé. La désinformation est efficace dans certains cercles. Quelques dits intellectuels y prennent également part. Ça, de la part de personnes qui ont normalement pour tâche de réfléchir sur la base de faits avérés et de données probantes, je dois dire que ça me désole d'autant plus.

Quant au fameux supposé synonyme d'antifa, Black Bloc, il s'agit d'une tactique et non de la désignation d'un groupe. Comme toutes les tactiques, elle peut être utilisée à bon (défense) ou à mauvais (agression) escient. À l'instar du couteau qui peut servir à tuer quelqu'un ou à cuisiner un festin.

Je désapprouve personnellement la violence sous toutes ses formes, tant à droite qu'à gauche et au milieu. Dans tous les camps, il y a des têtes brûlées, à 99 % mâles, il faut bien le dire, et j'espère chaque fois que ces esprits querelleurs ne feront pas le poids contre la majorité pacifiste.

L'antifascisme européen a une longue histoire, qui comme toutes les longues histoires a connu des moment forts et d'autres plus sombres. Nous devons toujours résister à la tentation de confondre les contextes européen et québécois. La mouvance antifasciste québécoise se contente de s'opposer à la progression de l'extrême-droite sans autre agenda politique. Ça me va. Et vous?

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