Après avoir visionné une vidéo réunissant une amie et Josée Rivard, j’ai pris une semaine pour y réfléchir avant de commenter.

Cette amie qui a pris cette initiative, je l’aime. Je ne comprends pas totalement ce qui l’a poussée à rencontrer Mme Rivard, mais elle est libre de ses actions.

Par Alex Fatta

La vidéo a eu lieu.

J’avoue que je l’ai regardée en diagonale, sautant les minutes, parce que personnellement, j’étouffais devant le manque de sincérité de l’une des femmes, je grinçais des dents devant le manque de contenu, et je soupirais devant ce qui, à mes yeux, était inutile.

Enfin bref, la vidéo pour moi était aussi utile que de pisser dans un Stradivarius.

Les répercussions de cette publication quasi virale m’ont tarabustée, d’une part, et ont répondu à mes attentes, de l’autre.

Commençons par celles qui ont répondu à mes attentes.

Mme Rivard s’est fait traiter de traître et de tous les noms d’oiseau imaginables par ses abonné·e·s. Bon, comprenons que par « attentes », je ne veux pas dire « espérances ». Je ne souhaite pas de mal à Mme Rivard, mais je m’attendais à ce qu’un jour ou l’autre ses fans déchantent, parce que le mal n’unit personne et qu’aucune chaîne n’est solide quand ses chainons sont des liens de haine sans fondement réel.

Mme Rivard a tenu durant presque trois ans des propos toxiques et absolument néfastes dans diverses vidéos et lors de conférences organisées par l’extrême droite.

Elle a une personnalité particulière qui fait qu’elle ne sait se faire comprendre autrement qu’en criant, injuriant et alimentant la polémique. Ça attire les gens, parce qu’elle est… divertissante, disons. Elle peut aussi sembler intimidante pour certain·e·s, ce qui fait qu’iels préfèrent ne pas se la mettre à dos.

Je crois que 65 p. 100 de ses abonné·e·s ont levé les feutres après l’avoir vu faire un bisou sur un niqab. Certain·e·s ont, avant de se désabonner, vertement insulté Mme Rivard, la qualifiant de traître, de vendue, de conne et pire… de Libérale!

Aucune femme ne mérite de se faire menacer, calomnier et injurier de la sorte, et ce, que ce soit pour avoir embrassé mon amie ou parce qu’elle traite les musulmanes de guenilles.

Mais bon, souhaitons que Mme Rivard comprenne qu’elle était entourée d’imbéciles sur les réseaux sociaux.

Parlons maintenant des répercussions qui m’ont tarabustée.

Du côté du bon monde, Mme Rivard a été presque élevée au niveau de personne repentante.

« Y’a de l’espoir », « Waw elle a enfin compris », « Super initiative » Et ainsi de suite.

Quoi???

Elle a embrassé mon amie, ok. Elle dit vouloir ouvrir la porte au dialogue. (Même si nous n’avons vu aucun dialogue, seulement deux filles qui voulaient faire un hit sans échange de craintes ni partage d’idées ) Mais bon, ok.

Mais pourquoi donner du crédit à cette femme?

Cette femme ne s’est excusée nulle part pour avoir tant méprisé les femmes musulmanes.

Elle n’a pas non plus présenté d’excuses aux Colombien·ne·s qu’elle a traité·e·s de déchets.

Pas plus qu’aux femmes voilées qu’elle continue à ce jour de traiter de guenilles.

Ni pour sa grossophobie à l’endroit des femmes rondes.

Non plus que pour le harcèlement ciblé dans lequel elle se donne à cœur joie avec certaines de ses amies malveillantes.

S’est-elle excusée pour avoir méprisé le mouvement #metoo en affirmant que les femmes méritaient de se faire agresser parce qu’elles portent des jupes courtes ou des décolletés?

S’est-elle excusée de sa transphobie? Non! Même que dans une vidéo intitulée « Mea culpa », tournée six jours après la rencontre avec mon amie, elle accuse une fois de plus Mme Gabrielle Bouchard d’être un homme! D’ailleurs, mea culpa signifie « excuses », « my bad », « de ma faute »… Non seulement elle ne s’excuse de rien, mais elle en remet une couche!

Vraiment, tout à coup, pour un bisou sur un morceau de polyester, on la met sur un piédestal? On donne des pouces en l’air et des cœurs pour une femme qui a créé des centaines de clips haineux, racistes, xénophobes, grossophobes, transphobes, misogynes et antiféministes?

Je ne demande pas mieux que de liker un truc de Josée Rivard, voire de lui pardonner. De fait, je préférerais l’aimer que d’avoir un frisson de dégoût quand je la vois.

Mais je ne serai pas de celleux qui disent « waw y’a de l’espoir », tant qu’elle ne se sera pas excusée pour le mal qu’elle a fait en incitant des milliers de personnes à haïr leur prochain.