Josée Rivard, personnage loufoque qui exprime sa haine raciale et xénophobe depuis septembre 2015 par le truchement de vidéos agressives, gagne la palme du discours haineux dans cette vidéo en rejetant la faute sur les femmes victimes d’agression sexuelle.

On la voit d’abord assise dans une voiture, silencieuse, tardant à parler parce qu’elle ajuste probablement sa caméra. Elle commence par dire qu’elle ne conduit pas, même si elle est assise sur le siège du conducteur, devant un décor qui défile, en jetant parfois un œil sur la route.

Josée nous offre un monologue qui semble sorti tout droit d’une taverne des années 1960.

Son problème : le mouvement #metoo.

Selon elle, le fait que le gouvernement veuille investir de l’argent pour aider les victimes d’agression sexuelle dans le milieu artistique est illogique, puisqu’à son avis, ces femmes victimes d’abus ont couru après.

Je m’adresse à vous Mesdames et Messieurs, r’gardez les magazines de mode, r’gardez nos artistes à moitié vêtues … j’parle des filles évidemment

Jusque là, je me disais qu’elle rigolait sûrement et qu’elle allait corriger le tir, puisqu’il est absolument impensable qu’en 2018, une femme puisse en accuser d’autres d’avoir « couru après ».

J’avale donc une gorgée d’eau et je poursuis le visionnement de cette pénible capsule.

Josée n’a manifestement pas envie de rectifier ses propos, et elle en rajoute même une couche :

On va s’parler dans l’blanc des yeux Mesdames, la plupart du temps, vous vous promenez la craque à l’air, les boules refaites, le botox, en mini-jupe, les talons hauts, la “blaye” à l’air… pis vous finissez toutes en histoires d’agressions sexuelles

A ce moment-là, j’ai compris qu’elle ne rigolait pas, parce que de un, Josée Rivard n’est jamais drôle, et de deux, elle serait incapable de jouer le rôle requis pour faire passer une telle « blague » en mode ironique, et ce, même si sa vie en dépendait.

J’appuie de nouveau sur pause. Je n’arrive pas à le croire. On connaît Josée Rivard comme étant cette hurluberlue qui se met le pied dans la bouche avant même de se brosser les dents le matin, mais de cultiver ainsi le viol en plein après-midi, je ne peux y croire.

Des années après avoir dit que les Colombien.ne.s sont des vidanges et que les musulman.e.s sont des sataniques, j’espérais aujourd’hui que Josée me surprenne et nous fasse une caricature de gars saoul dans un camp de bûcherons qui dit « qu’elles ne demandent que ça ».

Josée renchérit, toujours en s’adressant aux femmes :

Si tu joues à l’agace-pissette, ça s’peut ben que le ti-gars fatigue, c’est l’instinct […] des histoires de #metoo, ça commence à devenir fatigant, ou tu t’assumes, ou tu t’assumes pas

Je suis sidérée.

Je n’aime pas ce personnage grossier, mais parfois j’aurais envie de squatter un Tim Horton avec elle en lui disant : « On va se parler Josée. Prenons notre temps. Je paie le café. »

Les propos qu’elle tient sont inacceptables venant d’un homme, mais je dirais qu’ils sont encore plus inacceptables venant d’une femme, puisqu’elle autorise ainsi les hommes à penser qu’une femme qui montre un pouce de décolleté veut absolument se faire taponner derrière le conteneur d’un bar glauque de l’est de la ville.

On pourrait régler des problèmes beaucoup plus importants ailleurs que des graines qui restent pas dans leurs culottes pis des boules à moitié à l’air…

Josée Rivard, en trois minutes, a détruit le travail de bien des victimes d’agressions sexuelles. Quand on sait que ses capsules sont écoutées par des milliers de personnes, dont de nombreuses femmes, elle risque d’inciter d’autres victimes à se taire, de peur qu’on leur demande ce qu’elles portaient ce jour-là.

Cette vidéo est extrêmement dangereuse pour le bien des victimes de « son peuple » qu’elle dit tant aimer.

Le clip se termine avec une Josée qui quête de l’argent en faisant la promotion de sa page sur Patreon ou Go Fund Me. Pourquoi cet argent? « Pour la cause » dit-elle.

Pour la cause…