Traduction : Les commentaires sur n’importe quel article portant sur le féminisme justifient l’existence du féminisme.

Nous sommes malheureusement obligés de prendre acte du fait que ce phénomène peut être directement transposé à nos compatriotes de confession musulmane, qui, à l’instar des féministes, sont amalgamés dans une même masse informe où les nuances, les différences individuelles et les écoles de pensée sont fondues dans le même creuset d’un extrémisme éminemment marginal et la plupart du temps imaginé : « toutes les féministes sont des hystériques qui détestent les hommes », « tous les musulmans sont des terroristes en puissance ».

On pourrait se lancer dans une analyse sociologique psychologisante des facteurs qui pourraient expliquer ce genre de glissement automatique vers les insultes et le rejet en bloc de l’Autre, de qui pense et vit autrement que soi, mais c’est une entreprise périlleuse qu’il est préférable de laisser aux spécialistes. On peut toutefois sans trop de crainte de se tromper penser que lorsqu’est ébranlée l’hégémonie d’un système de valeurs enraciné dans une vision séculaire chrétienne, capitaliste et patriarcale du monde, de telles réactions spontanées et irréfléchies sont à prévoir. Personne n’aime sentir que le tapis du statu quo lui glisse sous les pieds, surtout quand le dit statu quo lui est profitable. La simple peur de l’inconnu est aussi une raison suffisante.

Le climat d’islamophobie rampante peut avoir des effets étonnants. Il arrive même que n’importe quel propos, ne présentant aucun lien avec les musulmans ou l’islam, donne lieu à des commentaires islamophobes. On atteint alors des sommets de xénophobie aussi absurdes que troublants.

Je ne sais trop comment cette loi pourrait être baptisée, mais pour le moment, parlons de la loi de Lewis appliquée aux musulmans :