Alors, selon Brouillette, le but premier de leur manifeste est de rappeler aux Québécois qu’ils ne doivent pas réélire le Parti libéral du Québec (PLQ) et que La Meute est là pour s’assurer que les Libéraux ne forment que l’opposition. Grand bien leur fasse! Par contre, avons-nous vraiment besoin du manifeste de La Meute pour nous rappeler que le PLQ forme un gouvernement usé? Non, le gouvernement de Philippe Couillard le fait très bien tout seul. Rappelons-nous les ravages de l’austérité : les écoles tombent en ruine et seulement 69 p. 100 de nos jeunes obtiennent leur diplôme d’études secondaires, et que dire de la crainte de devoir aller à l’hôpital, de l’angoisse de trouver un rendez-vous dans une clinique sans rendez-vous (douce ironie du sort), etc. Et, à l’autre extrême, il y a les politiciens et leur entourage qui, entre eux, se graissent les pattes. Et, franchement, c’est ce qui est le plus révoltant. Repensons au scandale de la Société immobilière du Québec (SIQ) en 2008, le gouvernement Charest (surprise!) vend trois immeubles gouvernementaux au rabais, et ce, en contrevenant aux règles normales.

Étrangement, trois collecteurs de fonds du PLQ (surprise!), Fava, Rondeau et Bartlett, auraient participé à la soi-disant magouille, et ils se sont possiblement répartis à eux trois la rondelette somme de deux millions de dollars. Bref, La Meute peut bien hurler contre les Libéraux, nous n’avons pas besoin d’elle pour savoir que ce parti doit être relégué aux oubliettes. Et sachez, chers louveteaux, que si Couillard et ses disciples ne sont pas reportés au pouvoir, vous n’y serez strictement pour rien. En tout cas, pas plus que n’importe quel autre Québécois qui a parlé de politique avec ses amis, ses collègues, ses voisins ou sa famille au cours de la dernière année.

Ensuite, La Meute veut forcer les gouvernements à encadrer l’immigration parce que c’est bien connu, l’immigration au Québec et au Canada (qu’on le veuille ou non, nous sommes toujours Canadiens) n’est pas encadrée, selon le porte-parole des louveteaux, quoique j’ai tendance à croire que n’immigre pas qui veut au Canada! Néanmoins, examinons le programme Entrée Express d’Immigration Canada. Le programme Entrée Express vise les travailleurs fédéraux qualifiés qui ont une formation et de l’expérience dans l’une des diverses 347 professions admissibles, c’est-à-dire que l’immigrant doit avoir étudié et déjà travaillé comme assureur, ingénieur civil, archiviste, juge, massothérapeute, etc. De plus, le travailleur qui se qualifie doit aussi satisfaire à six critères de sélection : niveau d’éducation, capacité linguistique, expérience professionnelle, âge, emploi réservé et capacité d’adaptation. Qu’est-ce que ça veut dire? Que l’immigrant que le Canada sélectionnera doit être éduqué, bien parler, lire et écrire le français ou l’anglais, qu’un emploi pour lequel il est expérimenté l’attend au Canada, et qu’il est idéalement âgé de 18 à 35 ans, ce qui favorisera sa capacité d’intégration. Par conséquent, il appert que l’immigration est, comment dire, bien encadrée au Canada.

Je ne veux quand même pas avancer que Brouillette et les louveteaux ne sont pas capables de faire la différence entre l’immigration et les demandes d’asile pour les réfugiés, mais je tiens quand même à souligner que les deux réalités sont fort différentes. Les immigrants sont sélectionnés selon un processus rigoureux, tandis que les demandeurs d’asile sont des gens de tout horizon, souvent des marginaux ou des activistes, qui craignent pour leur vie ou qui redoutent d’être torturés s’ils retournent vers leur lieu de résidence et qui, par conséquent, demandent asile dans un pays sûr comme le Canada. Par exemple, les demandeurs d’asile sont ceux qui franchissent la frontière canado-américaine de manière irrégulière. Est-ce que Brouillette va plaider pour l’érection d’un mur de 8 891 km entre le Canada et les États-Unis pour mettre fin à l’arrivée de réfugiés? Il est important de mentionner que la plupart des demandeurs d’asile qui ont franchi irrégulièrement la frontière canadienne depuis les États-Unis en 2017 étaient principalement des Haïtiens, et que seulement 10 p. 100 d’entre eux ont été acceptés. Est-ce qu’il y a vraiment matière à appeler sa mère et à crier au génocide, rien de moins, de la culture québécoise? Comme on dit, faut quand même pas charrier!

De plus, Brouillette affirme fièrement vouloir débattre de ses idées avec les gens qui ne partagent pas ses préoccupations. Qu’à cela ne tienne : Brouillette, je ne partage pas ta vision des choses, et j’ai démontré pourquoi je n’étais pas d’accord avec toi dans les paragraphes qui précèdent en usant d’arguments raisonnables et vérifiables. Ces arguments sont les mêmes que je présente toujours aux gens qui pensent comme toi, et la majorité du temps, je me fais traiter d’épaisse, de sans-génie, de prétentieuse mal baisée et, comble de l’insulte, d’antifa. Bref, aucun de tes comparses ne sait me répondre de manière courtoise. Alors, c’est directement à toi Brouillette que je m’adresse, toi qui souhaites discuter, qu’as-tu à me répondre? Qu’as-tu à dire maintenant que j’ai démontré que l’immigration est encadrée et que La Meute, ses 400 membres actifs et ses 4 000 supporteurs (merci au Troupeau), ne fera pas de différence lors des élections parce que nous sommes tous des influenceurs et que vous êtes loin de représenter le peuple? Tu pourras me trouver sur Twitter (@actuetlangue) et sur FB (Josette Pétrichor). Tu peux aussi envoyer ta réplique à On Jase. J’attends de tes nouvelles, et j’ai très hâte de te lire, afin de pouvoir enfin discuter avec toi.